Quand la peur prend plus de place qu’elle ne devrait
Avoir peur est normal. C’est même plutôt utile.
Le problème commence lorsque cette peur se déclenche trop fort, trop souvent, ou dans des situations où vous savez pourtant qu’il n’y a pas réellement de danger. Vous pouvez parfaitement savoir qu’un avion ne va probablement pas s’écraser.
Savoir que cette araignée est minuscule. Savoir qu’il n’y a aucune raison de paniquer avant de prendre la parole. Et malgré tout, votre corps réagit.
Le cœur accélère. La respiration change. Le ventre se noue. Vous perdez vos moyens. Une seule envie : éviter la situation ou en sortir au plus vite.
C’est précisément ce décalage entre « je sais qu’il n’y a pas de danger » et « pourtant, je ressens la peur » qui peut devenir particulièrement frustrant.
Peur, phobie, anxiété… quelle différence ?
Dans la vie quotidienne, on mélange souvent un peu tout. Et ce n’est pas très grave.
- Une peur est généralement liée à quelque chose de précis.
- Une phobie correspond à une réaction particulièrement intense face à une situation, un objet ou un contexte spécifique, au point parfois de mettre en place de nombreuses stratégies pour l’éviter.
- L’anxiété peut être plus diffuse. Elle peut donner l’impression d’être constamment en anticipation de ce qui pourrait mal se passer.
Mais lorsque vous venez me voir, mon premier objectif n’est pas de trouver la bonne étiquette.
C’est de comprendre comment cela fonctionne chez vous et à quel point cela limite aujourd’hui votre vie.
Gérer la peur au quotidien
Signes physiques visibles
Les manifestations physiques peuvent être impressionnantes
L’anxiété et la peur ne se passent pas uniquement dans la tête.
Elles peuvent provoquer des réactions très physiques : accélération du rythme cardiaque, oppression, tremblements, vertiges, transpiration, sensation de manquer d’air, boule au ventre… Et parfois, ces sensations deviennent elles-mêmes une source de peur.
On ressent quelque chose. On s’inquiète de cette sensation. L’inquiétude augmente la réaction physique. Et la réaction physique confirme qu’il y a probablement quelque chose dont il faudrait s’inquiéter.
Un cercle peut alors s’installer.
Comprendre ce mécanisme est déjà important. Mais, là encore, comprendre ne suffit pas toujours à l'arrêter.
Quelques situations sur lesquelles nous pouvons travailler
Les motifs de consultation peuvent être très différents : peur de conduire, de prendre l’avion, des animaux, des aiguilles ou des soins médicaux, peur de parler en public, claustrophobie, peur du vide, peur de perdre le contrôle…
Mais je reçois également des personnes qui ne savent pas forcément mettre un nom précis sur ce qu’elles ressentent.
Elles savent simplement qu’elles anticipent énormément, qu’elles évitent certaines situations ou que leur niveau d’anxiété prend trop de place dans leur quotidien.
Vous n’avez donc pas besoin d’arriver avec un diagnostic ou de savoir si ce que vous ressentez est « vraiment une phobie ».
Comment je travaille sur les peurs et les phobies
Les thérapies brèves sont particulièrement intéressantes lorsque l’on rencontre ce fameux décalage entre la raison et la réaction émotionnelle.
L’hypnose peut permettre de travailler différemment sur certaines réactions automatiques, sur les perceptions et sur la manière dont une situation est anticipée.
L’EMDR peut avoir sa place lorsqu’une peur est notamment associée à une expérience passée ou à certains souvenirs qui restent particulièrement chargés.
Et parfois, le travail sera davantage basé sur l’échange, la compréhension des mécanismes d’évitement et une manière différente d’aborder progressivement certaines situations.
Comme toujours, je ne décide pas de la technique avant de vous avoir rencontré.
Le but n’est pas de ne plus jamais avoir peur
Je trouve cet objectif assez irréaliste. La peur fait partie de notre fonctionnement et heureusement qu’elle existe. Ce que nous cherchons plutôt, c’est à retrouver une réaction proportionnée à la situation.
- Pouvoir monter dans un avion même si vous n’adorez pas ça.
- Pouvoir conduire sans passer les deux jours précédents à anticiper le trajet.
- Pouvoir prendre la parole avec un peu de trac sans perdre tous vos moyens.
- Pouvoir rencontrer une situation qui vous faisait auparavant paniquer et constater : « Je peux gérer ça. »
C’est cette liberté-là qui m’intéresse.
Et si cette peur vous accompagne depuis des années ?
L’ancienneté d’une peur ne signifie pas forcément qu’elle doit rester là toute votre vie. Certaines personnes ont simplement appris à vivre avec. Elles évitent. Elles compensent. Elles s’organisent. Et finissent parfois par oublier à quel point cette peur influence leurs choix.
Si aujourd’hui elle vous empêche de faire certaines choses, vous oblige à organiser votre vie autour d’elle ou vous demande simplement beaucoup trop d’énergie, cela mérite peut-être qu’on s’y intéresse.
Nous commencerons par comprendre ce qui se passe chez vous. Et nous verrons ensuite comment le faire évoluer.
François Gillet Praticien en thérapies brèves & photothérapeute Cabinet à Besançon